Par la Rédaction
paru en mai 2018
L'Âme des Lieux N° 1
    • Où projette-on de construire une "montagne d'or" ?
    • Quelle ville veut en voir de toutes les couleurs ?
    • Quel est la pays européen le plus visité ?
    • Où sera-t-on accueilli par un colosse vieux de 3 000 ans ?
    • Une bière au pub ou à la maison ?
    • Se nourrir, un acte hautement culturel

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    Petite revue de lieux du monde en brèves

    Où projette-on de construire une "montagne d'or" ?


    En Guyane. La Compagnie minière Montage d’Or, consortium de deux multinationales (la russe Nordgold et la canadienne Colombus Gold), a le projet d’ouvrir une mine d’or géante en forêt amazonienne guyanaise. Cette exploitation nécessiterait de déboiser 1513 hectares de forêts, dont 575 hectares de forêts primaires. Ses partisans soulignent l’opportunité d’un projet industriel pourvoyeur d’emplois pour la Guyane, département à l’économie sinistrée. Les opposants, eux, dénoncent le montant des aides publiques prévues (420 millions d’euros pour 750 emplois), et par-dessus tout le coût écologique de cette exploitation qui, selon WWF France, revient à creuser en pleine forêt une fosse « d’un volume équivalent à 32 Stades de France ». Selon l’organisation, qui a lancé une pétition contre le projet, celui-ci nécessitera l’utilisation de « 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 195 millions de litres de fuel » pendant ses douze années d’exploitation.Elle estime que le site convoité abrite aujourd’hui 2 000 espèces végétales et animales, dont 127 espèces protégées. Un débat public a été ouvert en avril, donnant lieu à des échanges virulents. La « Montagne d’Or », nouveau Notre-Dame-des-Landes ? S.T.

    Quelle ville veut en voir de toutes les couleurs ?


    Brest ! La ville bretonne a décidé d’allouer une subvention de 700 euros (pour une maison) à 1 400 euros (pour un immeuble comportant au moins deux logements) aux propriétaires acceptant de redonner quelques couleurs à leurs façades. Condition : que celles-ci soient vives ! Le conseil architectural et urbain de Brest métropole accompagnera les propriétaires dans leur choix, avec l’appui d’une coloriste. Dans une première phase, seuls quelques quartiers ont été ciblés. Brest métropole entend ainsi encourager un mouvement initié par des propriétaires privés, il y a déjà une bonne vingtaine d’années, dans le quartier Kérigonan. Devant le succès, les élus ont décidé d’en faire un argument touristique.

    Quel est la pays européen le plus visité ?


    La France... et la Croatie ! La France est le pays qui attire le plus grand nombre de touristes en Europe et dans le monde : près de 90 millions de touristes étrangers en 2017 selon le Quai d’Orsay, lequel ambitionne d’atteindre les 100 millions en 2020. Mais, si l’on ramène la fréquentation touristique au nombre d’habitants, c’est la Croatie qui détient le record de l’indice d’« intensité touristique ». Suivent l’Autriche, la Grèce et l’Espagne, où se pressent aussi des voyageurs du monde entier. La France arrivant en 6e position de ce classement. À l’opposé, les Belges et les Polonais voient défiler beaucoup moins de valises et de sacs à dos… Peut-être une idée originale pour les vacances de l’an prochain ?

    Où sera-t-on accueilli par un colosse vieux de 3 000 ans ?


    Au Grand musée égyptien du Caire ! Après dix-sept ans de travaux et plus d’un milliard d’euros de dépenses, l’établissement – à la fois musée, centre scientifique et de conférences – devrait enfin ouvrir cette année, au moins de façon partielle. Les visiteurs y seront accueillis par la statue colossale, trois fois millénaire, de onze mètres de haut du pharaon Ramsès II. Vous pensiez avoir tout vu du trésor de Toutankhamon ? Erreur : le musée exposera tout ce qui a été trouvé en 1922 dans la tombe du pharaon, soit plus de 5 000 objets. En tout, 100 000 objets seront exposés. Le bâtiment s’étendra près des pyramides de Gizeh sur 47 hectares, avec environ 24 000 m2 de surface d’exposition permanente.

    Une bière au pub ou à la maison ?


    Si vous proposez à un Lituanien d’aller boire une pinte au troquet du coin, il risque de vous trouver très exotique. Dans son pays, on achète ses bouteilles au supermarché et on les sert chez soi, comme dans les autres pays Baltes, en Finlande ou en Pologne. On n’en commande guère au zinc. Les Allemands, principaux buveurs de chope avec les Tchèques, partagent aussi leur passion du houblon en famille ou entre amis dans un cercle privé. Quant à nos amis anglais, ils sont plus partagés, les ventes s’équilibrant entre le comptoir du pub et les rayons des magasins. À l’inverse, la consommation de bière a lieu surtout au pub en Irlande, et au bar en Espagne ou en Grèce… Ces statistiques, fournies par les industriels du secteur, confortent l’image de la convivialité des pubs gaéliques


    Se nourrir, un acte hautement culturel


    Savez-vous pourquoi la cuisine italienne met la tomate à toutes les sauces ? Pourquoi le piment, pourtant originaire d’Amérique, est omniprésent en Asie ? Ces questions et bien d’autres encore trouvent réponses dans le passionnant Atlas de l’alimentation, écrit par Gilles Fumey et Pierre Raffard, et publié ce printemps par CNRS Éditions. Deux géographes pour ausculter notre assiette ? La démarche n’est pas anodine. Car, ainsi qu‘expliquent les auteurs dans leur introduction, « la géographie, parce qu’elle étudie ce lien de l’homme au monde qui l’entoure, peut donner des clés de compréhension du grand chambardement alimentaire en cours ». Chambardement que l’on peut résumer en une dualité dont l’agronome Marc Dufumier avait fait le titre d’un livre : Famine au Sud, malbouffe au Nord. Pour mieux comprendre les enjeux planétaires et locaux de notre alimentation, les deux auteurs se sont penchés cartes à l’appui sur l’histoire des produits. Comment ils ont été sélectionnés puis enrichis par l’homme, comment ils ont voyagé et se sont transformés dans leurs pays d’accueil. Une histoire des aliments qui nous raconte par exemple l’exceptionnelle biodiversité des Andes, berceau de la pomme de terre, du quinoa, de la tomate et de nombreux haricots. Ou encore comment, au XVIe et XVIIe siècles, l’Espagne est devenue « le grand débarcadère européen des plantes les plus en vue en Amérique », tandis que riz, blé et épinard franchissaient l’Atlantique en sens inverse pour transformer la nourriture amérindienne. Au passage, nos deux géographes nous révèlent que notre biodiversité alimentaire s’est appauvrie au fi l des siècles. Et s’interrogent : « Est-il prudent de ne faire reposer la quasi-totalité de notre alimentation que sur trois céréales, le blé, le maïs et le riz ? » Telle n’est pas la moindre des vertus de cet Atlas : nous conduire à nous interroger sur le contenu de nos assiettes, en particulier sur l’élevage animal et ses modes intensifs, et in fine sur le « rôle identitaire » de l’alimentation et nos fameuses « traditions culinaires ». Une question dont Gilles Fumey est un expert, auteur d’une Géopolitique de l’alimentation, dont une version revue et augmentée vient également d’être publiée. S.T.

    Atlas de l’alimentation, Gilles Fumey et Pierre Raffard. CNRS Éditions, 2018. 300 pages, 24 €
    Géopolitique de l’alimentation, Gilles Fumey. Éditions Sciences humaines, 2018.
    Famine au Sud, malbouffe au Nord, Marc Dufumier, Nils, 2012.

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