Par Étienne Augris, professeur d'histoire-géographie
Le 4 novembre prochain , les électeurs de Nouvelle-Calédonie, à l’exception des personnes arrivées après 1994, vont se prononcer sur une question longtemps repoussée : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Si le non semble devoir l’emporter, comme le prédisent les sondages et la réalité démographique, cette consultation conduit les habitants de l’île à s’interroger à nouveau sur leur rapport à une métropole distante de plus de 16 000 km. Avant d’examiner la situation actuelle, envisageons ce que ce rapport doit au passé violent d’un espace où les « victimes de l’histoire » sont nombreuses.
Le territoire a été abordé pour la première fois par les Européens en 1774. James Cook lui donne alors son nom en raison de sa ressemblance avec les montagnes et rivières de la Calédonie (Écosse). Son surnom de « Caillou », utilisé par les descendants des colons, rappelle quant à lui la richesse du sous-sol. Les marchands et les missionnaires protestants et catholiques s’installent progressivement dans le deuxième quart du XIXe siècle et vont au contact de la population mélanésienne, aujourd’hui appelée kanak (le mot est invariable). Ceux-ci sont les descendants des premiers habitants, des Austronésiens arrivés du Sud-Est de l’Asie 1 000 ans avant notre ère.
Le 4 novembre prochain , les électeurs de Nouvelle-Calédonie, à l’exception des personnes arrivées après 1994, vont se prononcer sur une question longtemps repoussée : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Si le non semble devoir l’emporter, comme le prédisent les sondages et la réalité démographique, cette consultation conduit les habitants de l’île à s’interroger à nouveau sur leur rapport à une métropole distante de plus de 16 000 km. Avant d’examiner la situation actuelle, envisageons ce que ce rapport doit au passé violent d’un espace où les « victimes de l’histoire » sont nombreuses.
Européens et Kanak
Le territoire a été abordé pour la première fois par les Européens en 1774. James Cook lui donne alors son nom en raison de sa ressemblance avec les montagnes et rivières de la Calédonie (Écosse). Son surnom de « Caillou », utilisé par les descendants des colons, rappelle quant à lui la richesse du sous-sol. Les marchands et les missionnaires protestants et catholiques s’installent progressivement dans le deuxième quart du XIXe siècle et vont au contact de la population mélanésienne, aujourd’hui appelée kanak (le mot est invariable). Ceux-ci sont les descendants des premiers habitants, des Austronésiens arrivés du Sud-Est de l’Asie 1 000 ans avant notre ère.
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